LA BALANCE DES BLANCS

03/09/2014

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Lightroom permet de gérer le workflow complet de votre image, depuis son développement RAW, jusqu’a la sortie JPG, en passant par une éventuelle retouche dans Photoshop.

Définition du mot 'balance',

 

Plutot que le terme français, je vous propose de regarder la définition de "Balance" dans le dictionnaire Merriam Webster

 

a counterbalancing weight, force, or influence 

Pour se rapprocher davantage de la définition anglaise, Il serait préférable d'utiliser le terme "Compensation du Blanc" plutot que "Balance". Cela aide à davantage de compréhension.

 

la Balance des Blancs c'est quoi ?

 

C'est la procédure qui consiste à faire le réglage nécessaire, pour que les blancs paraissent blancs avec l'illuminant qui éclaire la scène4000 K "c'est froid", 6000 K, "c'est chaud" !

 

Hé bien non, c'est l'inverse !

La lumière du jour peut varier dans des conditions extrêmes de 2000 à 16000 K.
Plus une lumière est froide, plus sa notation sera élevée et plus elle tirera sur le bleu, et inversement, plus une lumière est chaude, plus sa notation sera basse et plus elle tirera vers le jaune ou l'orange.

 

Voici la Température de couleurs émises par les principaux illuminants :

 

  • Bougie : 1800 K

  • Lampe à incandescence : 2500 K

  • Lampe Halogène : 3400 K

  • Ecran de télévision : 9300 K

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On voit donc que plus la source émet des couleurs "froides" et plus le chiffre en Kelvins est élevé. Le "plein soleil" est aux alentours de 5000 K, alors qu'un ciel voilé, à la lumière plus "bleue" donnera une TC aux alentour de 6500 K

 

Pourquoi le réglage sur le boitier ou sur le logiciel produit-il un résultat inversé ?

Ce réglage est une compensation (balance) de la température de couleur de l'illuminant, en se basant sur le blanc. 
Il est donc normal que pour compenser un illuminant dont la TC est froide (Chiffre de notation élevé) on utilise un indice de compensation (celui qui est affiché dans le logiciel) dont le chiffre de notation est bas.

 

Il y a une dominante, donc la White Balance est mal réglée !

Là encore, il y a incompréhension...

  • Admettons que l'on règle parfaitement la WB sur une image.

  • Puis que l'on ajoute un virage ou un traitement croisé à notre image...

  • Nous obtiendrons ainsi une image à la WB parfaitement calée, mais avec une dominante...

La compensation concerne l'illuminant, c'est a dire la source de lumière. Celà n'a rien à voir avec le traitement.

Tout comme en argentique, on peut détourner l'usage de cette compensation pour créer des effets spéciaux. mais il s'agit bien d'un détournement d'usage. Ne pas oublier qu'un décalage de la compensation provoque un ré-étalonnage complet de toute la colorimétrie. Or une dominante n'affecte jamais toutes les couleurs. Pour corriger une dominante, on utilisera d'autres outils, qui n'agiront que sur la couleur concernée.

Renseignez vous sur le type de traitement qui a été fait sur l'image !
 

On ne doit pas utiliser le terme "balance des blancs" ?

Malheureusement, cette mauvaise traduction fait désormais partie du langage de la photo numérique.

  • On peut donc continuer à l'employer, si possible en toute connaissance de cause.

  • Ne pas perdre de vue qu'il s'agit d'une mauvaise traduction à partir d'un "faux ami", ce qui introduit davantage de confusion dans un sujet dans lequel il y en a déjà beaucoup

  • Puisqu'on utilise "Balance" qui est dans ce cas un terme anglais, autant utiliser White Balance (WB)

  • Mais l'idéal serait d'utiliser "Compensation du Blanc"

Les réglages de l'appareil photo

Le tableau ci-dessous vous montre les températures d'illuminants qui sont compensées par chaque réglage

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03 Le Workflow "Mode 2"

Le Mode 2 consiste à créer votre Noir et Blanc sur le fichier PSD/TIFF préalablement créé en couleurs.

 

  • Import du fichier RAW dans Lightroom

  • Développement numérique couleurs

  • Export du Fichier couleurs vers Photoshop, en vue de la retouche (Profil « Adobe 98 »)

  • Ne pas oublier de cocher la case « Ajouter à ce catalogue » dans le module d’export de Lightroom, pour que le fichier créé à l'étape précédente soit visible et traitable dans Lightroom

  • Post-Traitement de caractérisation film sur le fichier PSD dans Lightroom. Ce post-traitement n’affecte pas le fichier PSD lui même. Il est visible uniquement dans Lightroom.

  • Export JPG du fichier de sortie (Profil « sRVB »), a partir du fichier PSD dans Lightroom

 

L’illustration ci dessous Vous montre une image couleurs retouchée dans Photoshop (fichier PSD) et affichée ici dans Lightroom, avec à coté, une version en Noir & Blanc sous forme de copie virtuelle.

Notez que toute modification du fichier PSD couleurs impactera la version noir et blanc sans avoir besoin de faire de manipulation supplémentaire.

Vous trouverez dans cet autre tuto, davantage de détails sur le workflow décrit ci dessus : Le workflow

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04 Le développement : la tonalité

Ce développement peut être réalisé indifféremment en Mode 1 ou en Mode 2.

 

Faites toutefois attention aux limitations du fichier bitmap en Mode 2, qui pourrait provoquer l’apparition de bruit vidéo et/ou de postérisation !

 

La première étape consiste, comme on s’en doute, à passer en noir et blanc, soit à l’aide du bouton, en haut à droite du panneau Réglages de base, ou sur le mot NB du panneau TSL/Couleur/NB. Les curseurs du module Tonalité, panneau Réglages de base, doivent être utilisés de haut en bas, afin de régler le caractère de l’image (sa luminosité et son contraste).

 

Dans l’illustration ci-dessous, nous avons délibérément choisi un rendu “délavé”, ce qui explique la position du curseur Ombres. Mais, bien entendu, il est tout à fait possible de réaliser un rendu très contrasté. N’hésitez pas à bouger chaque curseur un par un, avec une large amplitude de mouvement, pour comprendre quelle influence il va avoir sur votre développement.

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05 Le contraste

Le curseur Contraste va influencer la totalité de l’image.

 

D’une manière plus pratique, vous pouvez aligner ce curseur avec la dureté de la source :

  • source “dure” (bols durs, soleil intense), Contraste supérieur à zéro

  • source “moyenne” (parapluie argenté, bol beauté, ombre), Contraste à zéro

  • source “douce” (boîtes à lumière de grande taille, lumière du matin ou du soir, ciel voilé), Contraste inférieur à zéro.

 

Les quatre curseurs suivants (Hautes lumières, Ombres, Blancs, Noirs) serviront à régler la tonalité spécifique à l’image et à l’interprétation que vous souhaitez en donner. Ces curseurs fonctionnent dans les deux sens, ce qui rend ce module extrêmement puissant.

 

Le curseur de microcontraste, appelé Clarté, permettra d’adoucir une image globalement trop agressive ou de redonner de la présence à une image dont la douceur générale vous plaît, mais qui manque un peu de “précision”.

 

N’hésitez pas, là encore, à bouger ce curseur pour en constater les effets sur votre image.

 

Sur l’illustration ci-dessous, nous pouvons voir deux opposés en matière de contraste.

 

Le traitement sur fichier RAW permet d’obtenir toutes les nuances intermédiaires sans dégradation de l’image, notamment des basses
valeurs. Attention à la “montée” de bruit vidéo et de postérisation si vous tentez un tel traitement sur un fichier PSD/TIFF, même en 16 bits.

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06 Le développement localisé

Vous pouvez utiliser le pinceau pour effectuer un développement localisé dans l’image.

 

Cependant, si votre prise de vue est bonne et si vous avez effectué un travail correct en amont sur le panneau Réglages de base, vous n’en aurez pas systématiquement besoin. Il vaut mieux reprendre son développement à l’étape précédente, plutôt que de tenter de “réparer” un mauvais réglage à coups de pinceau.

 

Cependant, le pinceau vous permettra aussi d’effectuer du dodge and burn (éclaircissement/assombrissement localisé, comme les tireurs argentiques le réalisaient sous leur agrandisseur).

 

L’illustration vous montre comment densifier les sourcils.

 

Note : évitez impérativement de renforcer la netteté du regard en localisé. Cela donne un rendu très artificiel et peu esthétique. Les yeux et le regard sont une affaire de maquillage et de direction du modèle au moment de la prise de vue. Pas de post-traitement numérique exagéré…

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07 Le Filtrage couleurs

Le filtrage couleurs permet d’imiter l’effet des filtres que l’on fixait sur son boitier à la prise de vues en Noir & Blanc argentique.

 

Le Mélangeur Noir et blanc possède toutefois 8 gammes de nuances colorées, réglables en luminosité de -100 à +100. En agissant sur ces curseurs, vous éclaircirez/assombrirez dans toute l’image, la nuance correspondant au curseur sélectionné.


Avec le TAT (Targeted Adjustment Tool - Outil de réglage par zone ciblée), Lightroom sélectionnera pour vous la ou les couleurs concernées et leur ratio respectif.

 



Sur l’illustration ci-dessous, vous pouvez voir comment la peau a été éclaircie : cliquez sur la peau, maintenez le bouton de la souris, poussez la souris vers le haut et observez ce qui se passe. Sur notre exemple, le résultat est caricatural pour les besoins de la démonstration. Allez-y en finesse…

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08 Le post-traitement de caractérisation film : La Dynamique

Nous allons tenter de « casser » le rendu « trop propre » de nos appareils numériques en introduisant une « courbe en S » dont les extrémités seront décalées vers le haut pour les valeurs basses, et vers  le bas pour les valeurs hautes.

 

Ceci aura pour conséquence de « couper » les valeurs les plus basses et/ou les valeurs les plus hautes de notre image. Notez que la coupure des valeurs hautes est optionnelle car son action est plus radicale.

 

Cela semble « voiler » l’image et ce n’est pas tout à fait faux. Si l’effet (le voile des valeurs sombres notamment) est trop marqué, il suffira de descendre plus proche de son origine, la courbe du S en bas à gauche.

 

Là encore, il faut « tester » afin d’adapter le dosage à votre photo, telle que vous l’avez développée. Cette courbe fait partie du « post-traitement » de l’image. Elle s’ajoute au développement pour le caractériser, mais sans en changer la nature fondamentale. 

 

Effectuer un « cut » (une coupure des valeurs sombres et/ou claires) ne donne pas une image « grise » ou « manquant de contraste ». Cela donne une image avec une caractérisation « film » et on peut lui donner une infinité de nuances.

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09 Le post-traitement de caractérisation film : le grain film

Le module de grain film de Lightroom fonctionne de la manière ci-après.

 

  • Le curseur Valeur permet de régler la force de l’effet.

  • Le curseur Taille permet de régler la taille des grains, ce qui est lié à la sensibilité ISO du film.

  • Le curseur Cassure permet de déterminer la forme des grains, que l’on peut utiliser conjointement avec la taille.

 

Notez que le curseur Taille floute l’image de manière très réaliste, au fur et à mesure qu’on augmente la taille du grain. Avec ce module, on peut passer d’un grain très fin et très délimité, comme un film de basse sensibilité (tel qu’un Kodachrome 25 ISO), à un grain grossier et de grande taille, avec toutes les valeurs intermédiaires.

 

L’illustration ci-dessous vous montre deux réglages extrêmes, les réglages indiqués à droite correspondant à l’image de droite.

 

Dans la réalité, il faudra agir avec davantage de subtilité. Notez que le grain s’apprécie en regardant l’image dans son intégralité et à distance normale d’observation. En d’autres termes, ne faites pas vos réglages de grain avec une image zoomée à 100 %, le nez collé à l’écran.

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